Ballade au parc Tayrona, terre sacrée à la beauté sauvage

Bienvenu au parc Tayrona, welcome to Paradise ! C’est le parc naturel protégé de Colombie qui nous a le plus ému et émerveillé. J’aimerais ne pas vous le conseiller pour le garder jalousement pour moi, mais comme je suis sympa, je vais vous l’écrire, mais chuuut, ça reste entre nous 😉 Une intense jungle tropicale protégée, de sublimes plages sauvages bordées de cocotiers, une eau turquoise et un soleil de plomb, une végétation et une faune préservée, là est le secret du parc. Croyez-moi, la randonnée que vous y ferez restera gravée en vous comme LE plus bel endroit de la côte caraïbe colombienne.

Mais tout d’abord, attention ! Vous allez mettre les pieds sur une terre sacrée, propriété des indiens Tayrona. Cette civilisation précolombienne, héritière des Mayas, a manifesté au XVIe siècle une farouche résistance aux conquistadors espagnols et a été violemment massacrée. Elle s’était développée à travers un vaste réseau de villages, dont il reste aujourd’hui quelques ruines, terrasses potagères et énigmatiques gravures sur pierre. Par manque de finances, nous n’avons pu faire le très beau trek de trois jours à la cité perdue, ancienne capitale des Tayrona, et cela reste un petit regret.

Aujourd’hui, les descendants de ce peuple, parmi lesquels les tribus des Koguis et des Wiwas, continuent de vivre en autarcie pour conserver leur mode de vie indigène et s’opposent au développement de la région. Vêtus de leurs tuniques blanches traditionnelles, ils regardent d’un mauvais œil l’arrivée massive des routards. Tous les ans au mois de février, le parc ferme afin de diminuer les pressions sur les ressources écologiques, mais aussi pour permettre aux indigènes de communier avec la Tierra Madre et pratiquer des rituels de purification. Pour en savoir plus, voici quelques minutes de documentaire sur la vision du monde des Koguis. Le littoral du parc Tayrona est constitué de pointes rocheuses et de baies sableuses paradisiaques, qui constitue le prolongement maritime de la Sierra Nevada de Santa Marta. Nous aurions aimé pénétrer dans cette jungle montagneuse côtière, et fantasmer l’ascension du sommet qui culmine à 5775m, mais celui-ci est le domaine des dieux et l’on ne pénètre pas sans autorisation sur la montagne sacrée.

Après avoir passé l’entrée, nous longeons la cote par le sentier littoral, traversons des cocoteraies et escaladons quelques rochers… Mes parents qui nous ont rejoint souffrent de la chaleur, surtout que, ne pensant pas trouver d’eau et de nourriture, nous sommes bien chargés. Melissa étant employée de Parques, nous avons le privilège d’être hébergé à la cabane des gardes-parcs de Arecifes, localité où la mer roule dangereusement au pied de l’immense plage, et où quelques chevaux en semi liberté respirent l’iode au soleil couchant. Mes parents partent pour le sympathique camping Don Pedro, (illégal mais toléré, comme les autres) et y passent les deux plus belles nuits de leur séjour, à la belle étoile et réveillés par le chant des oiseaux. Nous faisons une halte à la plage de la Piscina aux eaux « blue lagoon » puis nous aventurons jusqu’au très fréquenté Cabo San Juan, où le camping aux allures de camp romain nous accueille. Du haut de la cabane qui domine le cap, la vue est époustouflante.

Le troisième jour, aux heures matinales, nous partons, et malheureusement, sans avoir eu le temps de monter sur les hauteurs au village de Pueblito et ses ruines archéologiques précolombiennes. Sur le chemin du retour, dans la paix de la jungle, nous divaguons aux milieu des oiseaux multicolores et restons bête d’admiration devant les colonnes de fourmis coupeuses de feuilles, les groupes de ouistitis venus ramasser quelques fruits à coques au ras du sol, et les singes hurleurs noirs qui jouent dans les cimes.. Nous avons même la chance de surprendre quelques agoutis furtifs au milieu du sentier et pour clôturer cette arche de Noé, nous faisons la découverte rare d’un fourmilier et d’un gros iguane orange vif lézardant sur une branche. Merci Tayrona, Merci !

Trucs et astuces pour votre séjour au parc !

La meilleure option à nos yeux est la suivante (celle qu’on aurait fait si on avait su !). Quand vous venez de Santa Marta en bus, s’arrêter à la porte Calabazo, passez l’entrée et randonner dans les hauteurs jusqu’à Pueblito. Puis redescendez avec le magnifique point de vue vers Cabo san Juan. Une nuit a Cabo et la deuxième a Arecifes pour sortir à la porte d’el Zaino. Cette randonnée de trois jours est d’un niveau moyen (ça monte un peu le premier jour) et nous parait suffisante pour bien profiter du parc. Prévoir une paire de tennis quand même par sécurité et prenez le temps de profiter des plages 😉 Il y a à manger et à boire dans les campings, inutile de trop se charger. Les sacs plastiques sont strictement interdits à cause des dommages qu’ils cause à la faune locale, de plus on vous encouragera à ramener vos déchets, car il n’y a pas de poubelles dans le parc. L’entrée est dans les 50 000 pesos par personne et attention, toute sortie est définitive. Les campings sont dans les 25000 pour la location d’une tente et un peu plus par personne.

Buen viaje !

 

 

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