Les secrets de Carthagène, la perle des Caraïbes

Septembre 2016. Direction la Colombie, pour un an. Mélissa est engagée avec Parques Nacionales Naturales de Colombia pour son projet de coopération internationale “Sauvegarde de la réserve naturelle Colombienne El Corchal, El Mono Hernandez, financé par Cuso International, une ONG canadienne, et par notre campagne de collecte de fonds. Elle appuiera le développement durable économique, social et environnemental des communautés vivant dans cette zone humide de mangroves. Occasion en or de découvrir ce pays en pleine ouverture sur le monde, et surtout, cette ville mythique à la réputation sulfureuse, Carthagène des Indes, où nous nous établissons.

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Celle qui est appelée “la Perle des Caraïbes” a essayé, maintes fois, de nous charmer. Cité coloniale à l’incroyable histoire, fierté de la Colombie, est une étape inratable sur le chemin des voyageurs. Nous nous sommes souvent promenés sur les épais remparts de pierre, dont les canons, qui pointent sur l’horizon de la mer des Caraïbes, ont défendu pendant des siècles les trésors tant convoités, cible des incessantes attaques de pirates pendant des décennies. Derrière ces murs, la Tour de l’Horloge entrouvre l’antichambre du paradis. Les bougainvilliers en fleurs tombent harmonieusement des balcons ornant les belles maisons coloniales aux façades chatoyantes. Les petites places pavées nous charment, les hôtels de luxe aux magnifiques portes cochères nous laissent deviner des bijoux de cours intérieures ayant appartenues à quelque riche bourgeois.

Mars 1741, rembobinage. Sous un soleil écrasant, les 30 000 hommes de la flotte anglaise de l’Amiral Edward de Vernon, du haut de leurs navires de guerre, observent la cité de Carthagène. La grande bataille qui se prépare s’apprête à sceller le sort de la ville. Se préparant au siège, l’amiral borgne Blas de Lezo, admire du seul œil qui lui reste l’ingénieux système de défense qu’il a mis en place, fait de fortins et d’avant-postes, le tout dominé par l’imprenable forteresse San Felipe de Barajas. Le panache des deux puissants empires se joue ici, au cœur de la Caraïbe espagnole : les anglais veulent briser le monopole de la flotte des Indes, qui transporte vers l’Espagne les trésors pillés par les conquistadors aux tribus indigènes pendant 250 ans. Après l’échec du siège de la ville et une terrible défaite, les anglais, vaincus, minés par le scorbut et les maladies tropicales, battent en retraite. Les riches marchands reprennent leurs activités, la noblesse se fait construire d’immenses villas, des monuments, des théâtres…

Mars 2017. Dans ce décor d’époque, classé patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, les calèches promènent le touriste entre les vieilles pierres. La richesse n’est plus l’or, les épices ou la traite des esclaves mais le tourisme. Celui qui recherche le calme et l’authenticité se trompera lourdement en venant ici. Les yachts de luxe se croisent dans la baie de Carthagène, reggeaton, champeta ou musique électro à fond. Boutiques d’émeraudes, restaurants branchés pour jeunesse friquée cartonnent. Pedro de Heredia, le bandit conquistador qui a fondé la ville en 1533, se retournerait dans sa tombe en voyant la péninsule de Bocagrande : dans ce mini-Miami sorti de terre en quelques années, des dizaines de tours immenses bordent la plage et témoignent de la démesure du boom économique. Destination chère, tape-à-l’œil, elle possède les comportements et toutes les dérives d’un tourisme de masse qui s’est développé trop vite.

Les routards, nombreux dans le très agréable quartier de Getsemani, restent quelques jours puis repartent, parfois enchantés, parfois déçus. Et pour cause, Carthagène peut être très fatigante : des milliers de vendeurs de rue assaillent en permanence chaque personne qui passe : attirés par toutes ces porte-monnaie sur pattes, ils tentent de nous vendre absolument tout, à tous les prix : chapeaux, lunettes, cigares, arepas, massages, boissons, ceviche, excursions, drogue, appartements… Nous sommes devenu experts en refus (en général, un cordial “no, gracias” assuré fonctionne bien). Tout se discute, tout se négocie. Miroir d’une société à deux vitesses, le luxe a chassé la misère de la vieille ville, appuyé par une police rassurante, présente à chaque coin de rue et qui veille à ce qu’elle ne dérange pas. Plus loin les quartiers de classe moyenne, et encore plus loin, les quartiers de grande misère. On ne s’y aventure pas, mais on sait qu’ils sont là.

Dans cette ambiance si contrastée, nous mettons du temps à trouver notre place, nos habitudes, à déchiffrer les codes et à créer des relations humaines (non commerciales :)). Au bout de quelques mois nous prenons nos marques et nous habituons progressivement au décor, à se faire klaxonner tout les 10 mètres par chaque taxi qui passe, à voir des oiseaux magnifiques, à manger pour presque rien la bandeja paisa, le plat typique colombien, à se gaver de jus de fruits frais délicieux dont nous devenons totalement accrocs (maracuya, lulo, ananas, mangue, guanabana…)… Nous profitons de la plage dans les heures creuses, au coucher et au lever du soleil, et sortons le soir profiter de l’ambiance nocturne. Culturellement, c’est d’une richesse incroyable, chaque semaine a ses festivités : festivals de cumbia, de vallenato, de salsa, les fêtes de l’indépendance avec ses parades de carnaval, le festival du cinéma, du livre et de la musique classique, l’élection des reines… La ville a cette année organisé le sommet mondial de la paix 2017 qui a eu lieu après la signature de l’accord de paix mettant fin à des décennies de conflit armé avec les FARC, sur l’esplanade du centre des conventions.

Carthagène la rebelle est aussi l’une des première ville libérée d’Amérique Latine. En novembre 1811, les nationalistes, inspirés par le discours du libérateur Simon Bolivar, la star de la région, se rebellent et la province de la Nouvelle-Grenade dont Carthagène fait partie, déclare son Indépendance. Chaque année en souvenir, Las fiestas de la Independencia battent leur plein : quatre jours de carnaval, de défilés, de concert, d’expositions…

   

Si señor, la ville et son passé sulfureux se tourne vers l’avenir. Quelque soit le voyageur que vous êtes, pour un jour ou une semaine, le temps d’une ballade tropicale, allez à Carthagène, car, que vous l’aimiez ou non, la perle des caraïbes tentera de vous séduire. A vous de résister (ou de succomber) à ses charmes…

 

Ce qu’on a aimé…

Le restaurant El Espiritu Santo, bistrot colombien bien ventilé et pas cher, la carte est absolument délicieuse !! (Quartier de l’Université)

Le restaurant El Carbon de Palo : spécialité viande grillée en écoutant des vieilles chansons de Bolero en live tous les soirs (Bocagrande/Laguito), mais un peu plus cher

Prendre des jus de fruits à La Esquina del pan de Bono (Quartier de l’Université)

Manger du Ceviche (mélange de crevettes, poulpe, escargots, raie)

Se loger : El Viajero (Pour ceux qui cherchent une ambiance auberge de jeunesse)

Se balader sur les remparts au crépuscule et admirer le coucher de soleil

Faire la fête dans un bus bariolé : La mythique Rumba en chiva : le prendre devant l’hôtel Caribe de Bocagrande, et boire du rhum à volonté en traversant la ville, accompagné de musique live vallenato. Unique à faire !

Danser la Champeta au bar El Bazurto, une excellente ambiance

Danser la salsa (payants) : Crazy salsa (proche de la Torre del reloj)

Pratiquer la zumba à Getsemani tous les dimanche soir à 20h, place de la Santa Trinidad

Se balader dans les rues de Getsemani, photographier les graffitis, prendre un cocktail

Visiter le Château San Felipe de Barajas (ça vaut la peine de louer des audioguides)

 

 

 

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